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Les toitures et les cheminées

La maison québécoise traditionnelle a une pente de 45° ou plus dépendamment de son époque de construction. Plus un toit est pentu, meilleur est l'écoulement des eaux et l'évacuation de la neige. Un toit moins pentu coûte moins cher à construire mais l'économie est rapidement annulée par l'entretien qu'il nécessite; l'accumulation de neige et de glace sont les pires ennemis du revêtement qui s'abîme d'autant plus vite que la pente est faible. De façon générale, il ne faut donc pas changer la pente du toit, l'investissement n'en vaut pas le coût. Ce genre d'intervention cause de plus de sérieux dommages aux volumes de la maison.

La toiture des maisons traditionnelles était recouverte de bardeaux de cèdre, une façon de faire qui a eu cours jusqu'à la fin du XIXe siècle dans certains cas. Ces bardeaux étaient anciennement fendus manuellement. Leur fabrication, suivant le fil du bois, permettait d'obtenir un matériau non poreux et imperméable qui pouvait durer une centaine d'année, voire plus longtemps, lorsqu'il était enduit d'huile de lin comme la tradition le voulait. Le sciage des bardeaux, apparu au début des années 1800, accélère grandement la fabrication mais procure un matériau beaucoup plus poreux et perméable. Il peut avoir une durabilité approximative de cinquante ans lorsqu'il est traité régulièrement avec de l'huile de lin ou un scellant contemporain. Même si sa pose est dispendieuse à cause de la main-d'oeuvre qu'elle nécessite, et malgré le fait qu'il faille prévoir qu'un entretien régulier sera à apporter, le revêtement de bardeaux est certes à privilégier dans le cas des maisons d'inspiration française.

L'utilisation de la tôle à des fins de recouvrement des toitures est plus chère mais plus durable que les bardeaux de cèdre. Traditionnellement, elle se pose « pincée », « à baguette » ou « à la canadienne ». La beauté et le prix croissent dans le même ordre. Assurément, un revêtement de tôle procure élégance et notoriété à la maison ainsi coiffée et l'investissement requis se rentabilisera en raison de sa durée. De nos jours, du métal composé de différents alliages se trouve sur le marché, des métaux à base d'aluminium à moindre coût, en passant par l'acier galvanisé jusqu'à l'acier inoxydable.

         

Le bardeau d'asphalte peut être une bonne solution de remplacement. Il importe cependant de favoriser ceux qui imitent le bardeau de cèdre grisonnant; il faut éviter les noirs, les rouges, les bleus ou toutes autres couleurs qui ont pour effet d'attirer l'il sur le toit de l'édifice plutôt que sur l'ensemble de son volume.

Les nouveaux matériaux de revêtement de toiture

    

Il y a maintenant sur le marché de nouveaux revêtements qui semblent très prometteurs. Parmi eux, un bardeau fait de pneus recyclés promet une durabilité étonnante à un coût raisonnable. Noir à la pose, il devient rapidement gris sous l'effet du soleil et imite assez bien le bardeau de cèdre. Cependant, il faut tenir compte de deux facteurs avant de le poser. D'abord, il est plus épais que le bardeau de cèdre, il sera de ce fait préférable d'utiliser la planche de cèdre pour le faîtage du toit et des lucarnes. Ensuite, il sera préférable de le poser en alignant la base des bardeaux comme on le faisait avec les bardeaux de bois traditionnels.

Certains revêtements d'aluminium imitant le bardeau sont aussi disponibles. Il faut cependant bien évaluer la différence de coût entre ceux-ci et la tôle qui demeure un matériaux à privilégier.

La cheminée

         

Fonctionnelle ou non, la cheminée demeure un élément décoratif de premier plan.  La souche, partie apparente de la cheminée, coiffe le toit de la maison et symbolise la chaleur de son intérieur. Les plus anciennes sont construites en pierres et surplombent un âtre. Elles sont ensuite construites en briques puis, plus récemment, en métal. Elles doivent toujours être harmonisées à l'époque de construction et à la taille de la maison.

La cheminée de la maison québécoise, spécialement celle de la deuxième moitié du XIXe siècle, est souvent agrémentée d'éléments décoratifs aussi variés que recherchés : moulures, denticules, étoiles, caissons, etc.

Si la cheminée est fonctionnelle, il faut régulièrement vérifier l'état des matériaux qui la composent (pierres, briques, mortier) et voir à ce qu'elle soit toujours bien ramonée.