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Les couleurs

Des goûts et des couleurs on ne discute pas, c'est bien connu. Pourtant, quelques règles simples inspirées de la tradition permettent de conserver une unité aux ensembles architecturaux tout en permettant à chacun d'exprimer ses goûts.

Les toitures traditionnelles étaient de bardeaux de bois ou de métal. Bien que toutes sortes de matériaux de remplacement soient aujourd'hui disponibles sur le marché, il est toujours possible de favoriser des couleurs qui s'inspirent de cette tradition. Il sera donc toujours plus harmonieux d'opter pour des tons de gris imitant le bardeau de bois vieilli pour les revêtements de bardeaux d'asphalte et des couleurs argentées pour les toits de métal. Ces choix ont bien entendu des fondements esthétiques, puisqu'ils permettent une certaine unité dans le paysage architectural, mais ils ont aussi des fondements pratiques : les tons de gris absorbent moins la chaleur que le noir, ce qui permet de conserver plus de fraîcheur en été; l'aluminium ou les couleurs argentées reflètent la lumière plutôt que de l'absorber, ce qui empêche la peinture de cuire sur le métal et d'écailler après quelques années.

Parmi les couleurs utilisées pour peindre les murs et les autres éléments de bois des maisons et des bâtiments de ferme, le blanc prédomine. La raison en est que le badigeonnage à la chaux a longtemps été privilégié par nos ancêtres afin d'assainir et de préserver le bois parce qu'ils pouvaient se procurer la chaux à peu de frais. Ce mélange à base de chaux, le badigeon, pouvait parfois être coloré avec des pigments usuels comme le noir de suie pour obtenir des gris ou des terres brûlées pour obtenir des beiges.

Les couleurs plus fortes étaient obtenues grâce au mélange de différents pigments, parfois dispendieux, avec de l'huile de lin et de la térébenthine. Aussi, ils étaient réservées au découpage, à la mise en relief des éléments décoratifs comme les chambranles des portes et des fenêtres. Parmi ces couleurs ont retrouve des rouges souvent obtenus avec l'oxyde de fer (rouille), des verts grisâtres (oxyde de cuivre ou vert de gris), des verts ou des bruns obtenus avec les brous de noix, des jaunes (ocres) ou des bleus (indigo–bleu violacé, bleu de Prusse–bleu-vert ou bleu cobalt–bleu franc).

Dans tous les cas, l'observation de l'environnement immédiat permettra de faire des choix harmonieux en matière de couleur. À Deschambault-Grondines, comme dans Portneuf et dans plusieurs autres régions du Québec, quelques constantes dominent. On retrouve par exemple de nombreux ton de gris dans nos paysages; la pierre est très présente et prisée et les tons de gris rappelant les couleurs du calcaire ont souvent été privilégiés.

Traditionnellement, les murs recouverts de bois sont peints de couleurs claires et lumineuses ce qui permet de mettre en relief les textures apportées par les matériaux de recouvrement (on pense ici aux planches à clin ou aux revêtements de bardeaux découpés à Grondines) alors que les couleurs foncées sont utilisées pour faire ressortir les éléments décoratifs. Les éléments architecturaux des galeries sont habituellement peints de couleurs pâles (balustres, mains courantes, etc.). Une constante demeure toutefois : les parties mobiles des fenêtres sont peintes en blanc, ce qui crée un contraste avec le vitrage que l'on perçoit comme étant sombre de l'extérieur.

De façon générale, on utilise au plus trois couleurs sur l'ensemble d'un bâtiment, excluant le toit s'il est de couleur relativement neutre. Par exemple, la couleur principale appliquée sur les murs extérieurs devrait représenter entre 60 % et 80 % de la surface, le blanc des fenêtres et des autres éléments architecturaux tels les balustres de galeries devrait couvrir 10 % de la surface et la dernière couleur utilisée sur les éléments décoratifs qui représente rarement plus de 10 % de la surface.

Quelques conseils pratiques :

Favoriser des couleurs délavées ou rabattues. Elles rappellent les couleurs obtenues par l'utilisation de pigments naturels, elle s'intègrent bien aux paysages naturels et humanisés et elles vieillissent mieux (l'effet du soleil et de la pluie les altère moins).

Éviter les couleurs trop criardes (orange, rose vif, jaune serin, mauve, turquoise, etc.). Ces couleurs s'intègrent mal aux paysages naturels et leur utilisation est souvent dictée par des modes passagères.

Certains manufacturiers de peinture ont conçu des chartes de couleurs anciennes ou de couleurs d'antan qui s'avèrent des guides fort intéressants à consulter pour les personnes soucieuses d'authenticité et d'harmonie paysagère. Elles sont basées sur l'étude souvent très sérieuse des couleurs intérieures et extérieures des maisons anciennes du Québec. Plusieurs d'entre elles proposent des harmonies de couleurs fort intéressantes et elles sont généralement facilement accessibles.