Vous êtes : Accueil » Patrimoine architectural » Styles et époques » La maison à toit mansardé » La maison québécoise

La maison québécoise
début XIXe - début XXe siècle

   

Principales caractéristiques :

  • Bien dégagée du sol (présence d'un sous-sol ou d'une cave)
  • Murs de pierre ou de bois recouvert de planche verticale, de planche à clin ou de bardeau de bois – apparition de quelques rares maisons de brique
  • Toit à deux versants – pente avoisinant les 45°
  • Charpente traditionnelle à laquelle on ajoute des coyaux, ce qui donne un toit et un avant-toit à pente courbée. Cet avant-toit ou larmier déborde largement la verticale des murs, à l'arrière de la maison comme en façade.
  • Comble habité et présence de lucarnes
  • Ouvertures plus nombreuses et organisées de façon symétrique
  • Fenêtres à deux battants portant chacun trois grands carreaux
  • Présence de cheminées mais disparition progressive des âtres – apparition des poêles à bois
  • Galeries plus importantes, particulièrement en façade, comportant des éléments décoratifs parfois élaborés
  • Apparition de la cuisine d'été (construction annexe reproduisant généralement le modèle du corps principal dans des dimensions plus modestes)

       

La maison de transition franco-québécoise

Bien qu'il ne s'agisse pas d'un style à proprement parler, la maison de transition franco-québécoise, assez courante dans la municipalité de Deschambault-Grondines et dans Portneuf, témoigne de l'adaptation du modèle français à la réalité québécoise. La maison d'inspiration française, qui était bien adaptée au climat de l'Ouest de la France, exigera, sous nos latitudes, de nombreux aménagements qui mèneront progressivement à la maison québécoise.

« Il faut d'abord la dégager du sol gelé et malsain en surhaussant le carré sur un solage. Pour éviter l'action destructrice du gel qui fait bouger les fondations, celles-ci plongeront plus profondément dans le sol (4 à 5 pieds) [...] Les larmiers à peu près inexistants dans l'habitation d'esprit français prolongeront le toit pour chasser loin des murs gouttereaux, de pierre ou de bois, et des fondations, les eaux de fonte et de pluie qui avaient une influence néfaste sur la maçonnerie et activaient le pourrissement, surtout lorsque ces eaux infiltrées se changent en glace due à de grands écarts de température en une seule journée, caractéristique climatique de notre pays. »

Michel Lessard, Huguette Marquis, 
Encyclopédie de la maison québécoise, Éditions de l'Homme

Pour en savoir plus...

Qu'est-ce que le surcroît des murs ?

Parmi les changements apportés à la maison d'inspiration française par les québécois, certains sont directement liés à l'usage. Il en va ainsi de l'utilisation presque généralisée du comble à des fins d'habitation. Pour créer un espace plus confortable à l'étage, on augmente la portion du carré qui dépasse le plancher de l'étage. Le surcroît est cette portion des murs verticaux qui se trouve au-dessus du plancher de l'étage. À peu près absent dans la maison d'inspiration française, il se verra augmenté dans la maison de transition franco-québécoise puis systématiquement intégré à la maison québécoise.

                               

Retour

Qu'est-ce que le coyau ?

Le coyau est une pièce de bois triangulaire ou un élément de structure courbé qui, posé à la base du chevron, permet de faire excéder le toit de la maison au-delà des murs gouttereaux, les protégeant ainsi de l'eau de pluie, de la neige ou de la glace.

Tout petit ou inexistant sur la maison d'inspiration française, ses dimensions augmentent prenant parfois une forme courbe sur la maison de transition franco-québécoise puis sur la maison québécoise.

Le coyau peut parfois se rendre jusqu'à la moitié de la hauteur du toit. Le larmier peut alors se projeter suffisamment loin des murs gouttereaux pour couvrir la galerie. Cette façon de faire a pour résultat de donner une courbure élégante et distinctive au toit de la maison.

       
Sans coyau                                  Petit coyau                                  Grand coyau formant auvent                                   

Retour

La maison d'artisan

    

Plusieurs artisans et commerçants ont tenu boutique dans la municipalité. La maison québécoise a alors été adaptée à une double fonction. La boutique, l'atelier ou le commerce prenant place au rez-de-chaussée de l'édifice, l'habitation habituelle a été érigée au-dessus de cet étage utilisé à d'autres fins. Plusieurs exemples de ce type d'édifice que nous nommerons « maison d'artisan » subsistent dans la municipalité.

Retour

L'apparition de la cuisine d'été

Absente dans la maison d'inspiration française, la cuisine d'été est apparue lorsque l'usage du poêle à bois s'est répandu. L'histoire de cette annexe typiquement québécoise est donc liée à celle du chauffage et à celle de la cuisson des aliments.

Le premier élément de chauffage et de cuisson a été l'âtre ou le foyer. D'abord immense, comme il l'était en France, ses dimensions ont été réduites pour limiter la perte de chaleur. Le registre de foyer – un clapet habituellement en fonte ou en fer servant à fermer la cheminée - n'ayant été inventé que beaucoup plus tard, une grande quantité d'air chaud était aspirée à l'extérieur. On « chauffait le dehors » comme le disait l'expression populaire. Un deuxième inconvénient apporté par le foyer était certes qu'il ne possédait pas de four intégré. Aussi était-il nécessaire de posséder un four pour cuire le pain qui, suivant la coutume française, était à la base de l'alimentation de nos ancêtres. Soit dit en passant, on n'y cuisait pas seulement le pain mais aussi, toutes les autres pâtisseries, les rôtis, les volailles, enfin tout ce qu'on enfourne dans nos cuisinières modernes.

Comme ce four à pain était très encombrant et qu'il dégageait beaucoup trop de chaleur en été, il se situait la plupart du temps à l'extérieur de la maison, parfois simplement couvert d'un toit, parfois dans un bâtiment annexé à la maison ou indépendant de celle-ci : le fournil. On retrouve encore quelques fournils et quelques rares fours à pain anciens à Deschambault-Grondines.

     
Un fournil                                                                    Une cuisine d'été

L'histoire du poêle à bois remonte au début du Régime français. Déjà au XVIIe siècle, il semble qu'on ait construit de simples bâtis de briques ou de pierre qui étaient munis d'une porte sommaire et couvert d'une plaque de fonte. Ils étaient montés, à l'automne, dans un carré de sable aménagé près de la cheminée servant à évacuer la fumée, puis démontés et rangés au printemps.

Puis vint la boîte à feu, un assemblage de six plaques de fonte dégagé du sol par quatre pattes. Certains de ces poêles rudimentaires furent coulés aux Forges de Saint-Maurice (1729-1883). Les modèles se succèderont selon les avancés techniques. Les poêles à deux et à trois ponts, qui comportent un four, feront ensuite leur apparition. Parmi eux, mentionnons le célèbre Bijou fabriqué ici-même à Deschambault, par Damase Naud, à compter de 1871. Et finalement, au début XXe siècle le poêle Bélanger s'imposera comme étant la meilleure des cuisinières à bois.

  
Le Bijou                                                 Le Président de Bélanger

À compter de 1830, l'usage de la cuisinière à bois se généralisera et la cuisine d'été se répandra dans le paysage architectural québécois. Cette construction annexe permettra de cuisiner pour toute la maisonnée sans pour autant surchauffer la maison principale où l'on dort.

Fournil et cuisine d'été ont donc des fonctions similaires en ce qui a trait aux mesures visant à sortir la source de chaleur nécessaire à la cuisine du lieu d'habitation pendant la saison chaude. Ce qui les distingue, c'est la présence d'un four à pain dans le fournil.

Retour

Les influences anglaises dans notre paysage architectural

Le comble à l'anglaise 

L'un des plus importants changements qu'ont apporté les Anglais à la structure de la maison d'inspiration française demeure celui qu'ils ont apporté au comble, à la charpente du toit. Le comble « à la française » est une magnifique structure autoportante et d'une solidité à toute épreuve. Elle est par contre complexe à concevoir et à assembler et elle est coûteuse, tant pour la quantité de bois qu'elle requiert que pour la main-d'uvre qu'elle nécessite.

Le comble à l'anglaise, du fait qu'il est plus simple et économique à construire, s'est rapidement répandu. Il est composé de fermes en forme de A – ce qu'on nomme aujourd'hui les « trusts » – et c'est la planche qui recouvre la toiture qui les relie entre eux assurant ainsi la solidité de l'ensemble de la charpente. De plus, les deux pentes du toit formant un angle droit (90°), les calculs et les assemblages sont grandement facilités.

Comble à l'anglaise

Pour une utilisation optimale de cette page :

  • Vous devez activer JavaScript
  • Et/ou installer le plugiciel Adobe Flash Player

Cliquez ici afin de télécharger Adobe Flash Player

Comble à la française

 

 

Le cottage

 

Le cottage, dont on retrouve encore quelques beaux exemples aux environs de Québec, ne semble pas s'être trouvé en grande quantité dans la municipalité. Bien qu'aucune de ces maisons ne subsiste, le manoir seigneurial qui se trouvait dans le territoire aujourd'hui occupé par le Centre de recherche agricole de Deschambault en était un bel exemple.

Retour